23676928572_ef01f3a5b1_mLe comité interpartis « Non à AVSplus » se positionne derrière des arguments hypocrites. Les mêmes personnes qui, ces dernières années, ont fait en sorte que les finances de l’AVS fondent encore et encore, s’inquiètent tout à coup du financement de cette dernière.

Elles pensent désormais aussi à la situation des personnes qui vivent seules, aux jeunes familles et à celles et ceux qui sont touchées par la pauvreté. Cela, juste après avoir diminué les fonds destinés aux réductions des primes-maladie, l’aide sociale et les bourses d’études, et fait le forcing pour imposer des allégements fiscaux en faveur des gros revenus.

Nous ne sommes quand même pas stupides : les opposants à AVSplus ne veulent pas préserver l’AVS ou aider les pauvres. Ils veulent dénigrer l’AVS pour pouvoir jouer encore plus les jeunes contre les plus âgés et, finalement, développer encore plus l’épargne vieillesse privée.

 

L’AVS est solide

Même si l’on entend cela à longueur de journée, notre AVS n’est pas en danger. L’AVS s’est même fait prendre de l’argent qui lui revenait. La Confédération a en effet profité de chaque programme d’austérité global pour réduire sa contribution à l’AVS. Si on fait l’addition, c’est de plus de 10 milliards de francs dont l’AVS a été privée pendant la dernière décennie. Et à chaque fois, avec le soutien vigoureux des opposants à AVSplus. En dépit de l’alarmisme propagé par ces derniers, l’AVS est restée stable durant presque 70 ans, alors que l’espérance de vie s’est fortement prolongée, que le taux de natalité a baissé et que le nombre de personnes au bénéfice d’une rente a plus que doublé en 30 ans. Cela, bien que les cotisations salariales destinées à l’AVS soient restées inchangées depuis plus de 40 ans, seul un pourcent de TVA leur ayant été ajouté. Aujourd’hui, il en faudra à nouveau un parce que les classes d’âge à forte natalité du baby-boom arrivent à la retraite. Mais on pourra y faire face. Or les mêmes politicien(ne)s qui argumentent contre AVSplus en invoquant la sécurité de l’AVS ont du mal à accepter un financement additionnel pour celle-ci. Ils préfèrent relever à 67 ans l’âge de la retraite…

L’AVS est bon marché

La crise des marchés financiers a plongé la prévoyance professionnelle dans une situation difficile. Ce qui entraînera une baisse des futures rentes du 2e pilier (caisses de pensions). Le but donné par la Constitution fédérale aux prestations de la prévoyance vieillesse, soit de permettre aux gens de « maintenir de manière appropriée (leur) niveau de vie antérieur », n’est donc pas atteint. L’initiative AVSplus y portera remède. Pour un tout petit 0,4  point de pourcentage de salaire, versé et par l’employeur/employeuse et par l’employé(e)s, les pertes concernant les rentes seront compensées par un supplément représentant un montant d’en moyenne 2 400 francs par an. C’est bien meilleur marché qu’avec la prévoyance professionnelle. Dans cette dernière, des hausses des cotisations de 1 à 3 % sont à l’ordre du jour, sans parler de frais administratifs élevés. Néanmoins, les rentes baissent. Et que les charges salariales annexes destinées aux caisses de pensions augmentent tant et plus ne trouble pas les opposants à AVSplus. Il n’y a qu’avec l’AVS qu’ils évoquent le naufrage de notre économie.

La prévoyance vieillesse, pas l’assistanat

Grâce aux prestations complémentaires (PC), les retraité(e)s ne sont pas réduits à la mendicité. Grâce aux PC, tous et toutes peuvent aussi se permettre de vivre dans un EMS. Mais quiconque a travaillé tout au long de sa vie doit pouvoir vivre décemment du revenu que représentent ses rentes, et ne pas dépendre d’une prestation d’assistance comme le sont les PC. Ce qui est indigne.

Grâce à l’initiative populaire AVSplus, les 200 000 bénéficiaires de PC environ toucheront aussi une rente de vieillesse plus élevée. Personne ne verra son revenu baisser. Lors de la mise en œuvre de l’initiative, le Parlement devra, comme c’est l’usage, tenir compte de la préservation des droits acquis. S’y ajoute que les rentiers et rentières AVS dont le revenu touché sous forme de rentes est modeste dépendront dans une mesure moindre des PC pour pouvoir nouer les deux bouts. C’est là un important progrès social. En effet, une rente est plus sûre que des PC octroyées sous conditions de ressources, donc en fonction des besoins. Or, les mêmes opposants à AVSplus qui se préoccupent désormais des bénéficiaires de PC, veulent procéder à des coupes radicales de celles-ci à la faveur de la révision de la loi. Comme ils l’ont d’ailleurs déjà fait avec l’aide sociale.