Pour leur prévoyance vieillesse, les paysans et les paysannes ne peuvent compter que sur l’AVS

Doris Bianchi. (Yoshiko Kusano)Quand on travaille dans l’agriculture, on doit vivre de sa rente AVS lorsque l’on atteint la retraite. En tant qu’indépendants, les paysans et les paysannes n’ont pas de prévoyance professionnelle obligatoire. Ils sont peu nombreux à pouvoir se permettre de faire des versements volontaires à une caisse de pension (CP) ou au 3e pilier. Sur les quelque 100 000 paysans indépendants, seulement 8300 d’entre eux peuvent épargner de l’argent auprès d’une caisse de pension. Agrisano Prevos, la caisse de pension des paysans ne réunit que 320 retraité(e)s. Un chiffre fort modeste.

Caisses de pension chères

Les solutions passant par les caisses de pension sont chères pour les paysans et les paysannes. A partir de 40 ans, ils doivent verser 25 % de leur salaire assuré à la CP de l’agriculture, à quoi s’ajoutent des frais administratifs. Le taux de conversion appliqué à la retraite n’est en outre pas avantageux. Derrière cette solution de prévoyance professionnelle se cache Swiss Life, une compagnie d’assurance intéressée par le profit. Pour obtenir une rente mensuelle de 1000 francs, un paysan ou une paysanne doit avoir accumulé plus de 220 000 francs de capital.

Exemple : paysan/paysanne de 45 ans

Salaire assuré                                        Fr. 50 000.-
Cotisation d’épargne                            Fr. 12 500.-
Frais administratifs variables              Fr.        25.-
Frais administratifs fixes                      Fr.      120.-
Montant total par mois                     Fr.   1054.-

Et quand on a encore un emploi en plus de son activité de paysan, en règle générale, on ne percevra pas non plus de rente décente du 2e pilier par ce biais. Le paysan ou la paysanne doit tout d’abord gagner plus de 20 000 francs par an pour être accepté dans une caisse de pension. Ensuite, la rente qui proviendra plus tard d’un second revenu souvent bas représentera au plus quelques centaines de francs.

L’AVS est avantageuse pour les paysans et les paysannes

  • En tant qu’indépendant(e)s, les paysans et les paysannes paient une cotisation réduite de 7,8 % au lieu de 8,4 % pour les salarié(e)s.
  • La contribution à l’AVS est en outre fonction du revenu : le taux de cotisation des bas salaires est inférieur.
  • Lors du calcul des rentes, les bas revenus sont avantagés. Les rentes AVS augmentent plus fortement pour un revenu inférieur à 42 000 francs par an. Les paysans et les paysannes en profitent tout particulièrement, car les revenus sont plus bas dans l’agriculture que dans d’autres branches.
  • Quand on a une famille, on profite de l’AVS. Les enfants donnent droit aux bonifications pour tâches éducatives qui sont additionnées au revenu. Les mères et pères de famille dont les revenus sont bas profitent de ce fait de l’AVS.
  • Les paysannes s’en sortent relativement bien avec l’AVS. Le revenu de leur mari sera pris en compte dans le calcul de leurs rentes. Grâce à ce système, les rentes des femmes qui n’étaient pas actives professionnellement augmentent.
  • La branche de l’agriculture profite du financement solidaire de l’AVS. Le système de financement génial de l’AVS qui comprend une obligation de cotisation illimitée (les cotisations salariales sont les mêmes pour les revenus en millions) alors que les rentes sont plafonnées, contribue au fait que les branches à forts revenus comme la finance ou l’industrie pharmaceutique cofinancent les rentes des branches à faibles revenus.

AVSplus : les paysans et les paysannes en profiteront

Les paysans et les paysannes à la retraite vivent des rentes AVS. Mais celles-ci sont extrêmement limitées. Demander des prestations complémentaires est pour beaucoup de personnes à la retraite humiliant ou souvent, parce qu’elles sont propriétaires, carrément impossible. L’augmentation des primes des caisses-maladie grève aussi le budget des paysans et paysannes de manière disproportionnée. Pour beaucoup, ce sera très serré quand ils seront à la retraite. Et cela, malgré une vie de dur labeur. Les paysans et les paysannes sont donc tributaires d’une augmentation des rentes AVS. Et l’initiative AVSplus demande une telle hausse.

AVSplus veut une augmentation de 10 % des rentes de vieillesse. Pour un supplément de 0,8 % de cotisations, tous et toutes recevront nettement plus de rentes. Un couple de paysans percevra ainsi un supplément annuel de rente de 4000 francs.

Exemple : couple, années de naissance 1964, revenu de l’homme 3500 francs, revenu de la femme 1500 francs, 3 enfants

Rente AVS prévue                                       Fr. 3220.-
Supplément AVSplus mensuel                 Fr.   322.-
Coûts supplémentaires mensuels           Fr.     25.-

Il n’y a que l’AVS qui ait un aussi bon rapport coûts/prestations. C’est avec l’AVS qu’un franc de cotisation rapporte le plus aux paysans et aux paysannes. Voilà pourquoi : qui sait calculer, renforce l’AVS et vote OUI à l’initiative populaire AVSplus le 25 septembre.