Une personne qui a actuellement 50 ans doit s’attendre à des rentes nettement plus basses au moment où elle partira à la retraite. Partout dans le pays, les futures rentes du 2e pilier baisseront dans une mesure encore inimaginable il y a peu.

Interview à ce sujet de Paul Rechtsteiner (président de l’Union syndicale suisse USS) et de Doris Bianchi (adjointe du premier secrétaire de l’USS)

Taux de conversion en chute libre

Les taux de conversion des caisses de pensions qui servent des prestations surobligatoires sont descendus un peu partout en-dessous de 6 %, comme le montre un examen de plus de 60 caisses réalisé par l’Union syndicale suisse (USS).

 

Les cinq caisses de pensions avec les plus grandes baisses entre 2010 et 2016

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Il est choquant de voir combien de caisses de pensions ont abaissé leur taux de conversion en-dessous de 6% en 2016. La liste est très longue. Le taux de conversion était inférieur à 6% pour environ un tiers des 54 caisses de pensions et institutions de prévoyance passées sous revue.

Et ce n’est que le début. Certaines grandes caisses de pensions vont même jusqu’à abaisser leurs taux à moins de 5 %. Pour les assuré-e-s, cela signifie des baisses de rentes du 2e pilier qui peuvent atteindre 20 %. À cela s’ajoute que beaucoup de salarié-e-s sont assurés auprès de fondations collectives ou de compagnies d’assurance qui empochent d’importants bénéfices sur leur dos.

 

Caisses de pensions dont le taux de conversion est inférieur à 6% en 2016 (homme, 65 ans)

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Le maintien d’un niveau de rente décent n’est plus garanti

Au final, les rentes de l’AVS et des caisses de pensions peuvent toujours moins garantir « le maintien du niveau de vie antérieur de manière appropriée » préconisé par la Constitution. Il n’y a pas que les bas et moyens revenus qui soient concernés. Beaucoup de celles et ceux qui ont un salaire d’environ 7000 francs le sont aussi. Une personne qui ne dispose pas d’un capital vieillesse d’au moins 500 000 francs, ne peut plus s’attendre à toucher une rente qui, avec celle de l’AVS, lui permettra de maintenir son niveau de vie antérieur.

Si nous voulons que le mandat constitutionnel soit respecté, la baisse des rentes doit être stoppée. Deux options se présentent : verser beaucoup plus de cotisations aux caisses de pensions pour maintenir les rentes ou même les voir baisser, ou alors, verser des cotisations un peu plus élevées à l’AVS pour obtenir une rente bien plus élevée. Les syndicats préfèrent la deuxième option. Raison pour laquelle ils ont lancé l’initiative AVSplus. Car renforcer l’AVS est la voie la plus simple et la meilleur marché pour garantir le niveau global des rentes. Après des années de surplace, il est temps d’améliorer les rentes de l’AVS. Une augmentation moyenne de 200 francs pour les personnes vivant seules et de 350 francs pour les couples apporterait une amélioration sensible à tous les revenus moyens et modestes.

Pour réaliser le mandat constitutionnel, il n’y a pas d’autre voie que d’augmenter les rentes AVS. Car avec l’AVS, on obtient pour un franc de cotisation davantage de rente que dans n’importe quel autre système de prévoyance.